Lettre à Frédéric Mitterrand


Monsieur le Sinistre de la culture,

Comment pouvez-vous comparer Orelsan et Rimbaud ? Pourquoi ne pas faire référence à Mère Teresa pour parler de l’humanisme de Brice Hortefeux tant qu’on y est ?

C’est vrai qu’en démocratie tout le monde doit pouvoir s’exprimer librement ; la connerie a donc tout loisir d’exister sur la place publique. Vous et nombre de vos confrères en êtes la preuve, la bêtise n’est pas censurée.

Cela dit, votre titre de Ministre, qui plus est de la culture, devrait vous amener, si ce n’est à réfléchir, du moins à vous renseigner. Rimbaud a pu être violent, provocateur, fou ou que sais-je encore, mais jamais il n’a existé dans un registre uniquement composé de vulgarité, de médiocrité et d’injures.

Vous avez admis ne pas parler la même langue qu’Orelsan. Du moins auriez-vous pu essayer de la comprendre.

Quand Orelsan veut que (je cite ) « la pétasse attrape le DAS » ou se fasse « péter le rectum », ça se traduit par vouloir le viol et la mort d’une femme. Quand bien même il s’agit d’une ex qui a eu le mauvais goût de sortir avec un abruti, vous pourriez tout de même envisager que ces propos puissent être violents et choquer. Un appel au meurtre, même en chanson, reste un appel au meutre. L’art n’est pas une appellation d’excuse contrôlée qui sert à faire passer le moche, le nul ou le sexisme dans la dimension de l’acceptable. Puisqu’Orelsan « rêve d’imprimer ses empreintes digitales » sur son ex, ce n’est pas de monter sur scène dont il a besoin, c’est d’un bon psy. Faut qu’il se fasse soigner ce garçon !

Se faire défoncer, déboîter, déchirer… Peut être que vous, ça vous fait rêver ou que plus probablement vous trouvez légitime de partager des fantasmes sado-maso. Mais pour beaucoup de femmes, ça fait plutôt flipper de savoir que des pervers se baladent en liberté et sont soutenus par un ministre d’ouverture très ouvert et grand visionnaire puisqu’il n’exclut pas qu’un jour on étudie les paroles d’Orelsan dans les écoles. Après tout, mépriser les femmes n’est pas si grave, elles le méritent quand même ! Qui n’a jamais plaqué un mec ? … C’est vrai qu’on est toutes des sales putes et des truies qui ont leur place à l’abattoir. Ben oui, ça ne se fait pas de quitter un garçon psychopathe.

Monsieur le Ministre, la femme, si elle n’est pas un homme, devrait tout de même être considérée avec le respect dû à tout être humain ? Non ?

J’espère que vous ne m’en voudrez pas de cette lettre. Elle est parfois violente ou injuste, mais je vous la lirai en musique, c’est donc d’art qu’il s’agit et je peux par conséquent écrire ce que je veux.

En tout cas si Orelsan avait été le Rimbaud de l’époque, ça aurait donné « Verlaine enculé, j’vais te marave et te défoncer, etc. » Et à mon sens il est clair que ce n’est pas en restant dans l’anal, qu’on reste dans les annales !

Vaginalement, Blandine



Lettre à Roger K


(version audio : Che Karoutchi)

Cher Roger,

Merci. J’ai bien rigolé en lisant vos promesses comme candidat à la tête de liste UMP aux élections régionales en Ile de France. Vraiment merci pour cette franche rigolade à la vue de votre programme. D’habitude les politiques ont tendance à me chagriner, vous non. Y’en a qui manient la langue de bois, celle forgée dans du chêne, indestructible, vous non. Vous, vous magniez plutôt la langue de contre-plaqué. Vous ne cherchez pas vraiment à dissimuler, vous ne cherchez pas à tromper, vous offrez la lune en vous faissant passer pour Che Guevara, alors on sait d’avance que c’est pour rire tout ça, du coup on vous lit au troisième degré et tout de suite ça devient marrant.

Le candidat Sarkozy avait trouvé un bon concept marketing pour se vendre : La rupture. Vous, vous sublimez cette idée, vous promettez la “vraie rupture”. (Sous-entendez-vous qu’il y en aurait une fausse ?). Comme si la rupture présidentielle ne suffisait pas, vous en promettez une vraie, une mieux !

Je ne mens pas, c’est le titre de votre programme. Vous promettez “une vraie rupture ” et je cite : “un programme révolutionnaire”. Alors là j’ai faillit me faire pipi dessus ! Vous en révolutionnaire ! C’est énorme. Comme si quelqu’un pouvait y croire une seconde ! Allons, allons, soyons sérieux, vous n’avez pas vraiment la tête du révolutionnaire en puissance?

J’ai jeté un coup d’oeil à votre carrière et vous n’avez rien du révolté, du rebelle ou du communard! Pourtant j’ai cherché des indices, quelque chose d’original dans votre parcours. Rien. Même pas un soupçon d’agitation: - Délégué national du RPR, Secrétaire nationale de l’UMP… ça sent pas franchement le révolutionnaire tout ça? - Conseiller municipal et régional, député européen, plutot tranquille ça aussi? - Ah, en tant que suppléant de Pasqua? Là y’avait peut-être moyen de prendre le maquis, mais vous n’avez pas saisit la perche ! - Sénateur des Hauts de Seine, pas vraiment une pépinière d’insurgés le Sénat ! - Et aujourd’hui, secrétaire d'État chargé des relations avec le Parlement, vous parlez d’un poste subversif ! Admettons que vous prépariez l’insurrection de l’intérieur ? Moi j’y crois moyen.

Mais alors c’est quoi pour vous “faire la révolution”? Pour moi, ça veut dire : bouleverser les principes établis, transformer les modes de pensée et d'action, apporter des transformations fondamentales. Même sans violence, être révolutionnaire c’est faire évoluer les opinions, les courants de pensée, l'ordre social, moral, économique… Et le tout dans un temps relativement court, c’est ça l’idée! On en est loin avec vous: 40 ans de politique et pas un pêt de travers, pas un mot plus haut que l’autre, pas même un éternuement ! Vous promettez “plus de logements”, “plus de transports publics”, “moins d’impôts”, “plus de pouvoir d’achat”…. Wouah, c’est super révolutionnaire tout ça ! C’est marrant ça me rappelle quand même le discours d’à peu près tous les autres politiques de droite comme de gauche ! On est loin du changement des institutions politiques et sociales par des moyens radicaux ! Si vous comptiez sur votre coming-out pour devenir un vrai révolutionnaire c’est raté aussi ! Ce n’est pas révolutionnaire d’être homosexuel, ni de la dire.

Ce qui serait vraiment révolutionnaire Roger, ce serait de vous déclarer pour la légalisation du cannabis, pour des mesures d’aide à l’avortement, pour l’adoption et la procréation assistée pour les couples homosexuels, pour la défense de la laicité, des libertés individuelles et pour le respect des droits humains, ça ce serait révolutionnaire, pas pour moi, mais au sein de votre famille politique ça oui !

Si ça se trouve, votre révolution n’est qu’astronomique ! Rien d’énorme là-dedans, votre révolution, c’est un mouvement en courbe autour d'un axe, à l’image de nos planètes, elles tournent en boucle, en circuit fermé que rien ne modifie, à part quelques écarts de route à noter tous les millénaires.

Hasta la revolucion siempre Che Roger!

La p’tite Blan



Les palmes du courage en politique


Version audio, c'est ici :Le courage en politique


Lettre à Nicolas


Monsieur le président,

Enfin, je dis Monsieur, mais ne le prenez pas comme une insulte, on m’a dit que vous en êtes un ; Moi je vois bien que vous ne ressemblez pas vraiment à l’image que je me fais d’un Monsieur, mais j’ai peur que vous ne le preniez mal aussi si je dis Mon Gars ; Disons Monsieur pour ne pas risquer de vous offusquer. J’ai bon là si je dis Monsieur ? Vous êtes un homme quand même nan ? Petit, certes, mais tout de même. Après tout, vous avez un enfant, donc au moins du point de vue biologique, vous ne nous avez pas trompé.

Je peux le dire « Monsieur », ce n’est pas une insulte ? Je pourrais même dire que vous avez des couilles. Mais ce serait mal compris je pense.

Bref, vous correspondez presque à la définition pour Homme : Mammifère de l'ordre des Primates, caractérisé par sa station verticale et doté de facultés d'abstraction, de généralisation, de contradiction, d’omission, de punition, d’autodérision… Ah non, ça ne correspond plus !

Si je dis Président, ne le prenez pas mal non plus ; Je sais bien que vous outrepassez la fonction, mais je ne connais pas de mot qui se rapproche de votre statut. Dictateur ? Non, ça ne correspond pas, il y a une ou deux différences à peine, mais cela suffit.

Disons Cher Nicolas pour ne pas se tromper. Même-là c’est délicat, parce que je trouve que vous ne valez pas un clou, alors le Cher, vous allez croire que je l’ai mis là pour me moquer ! Vous risquez encore de vous énerver et ce n’est pas bon pour votre tension. Attention, je ne dis pas que vous avez la santé fragile et la tension trop élevée, quoi que c’est peut-être la seule chose élevée chez vous. Non, non, ne me comprenez pas mal, je ne dis pas que votre santé physique est fragile, ni la mentale, là je ne suis pas sûre qu’on puisse parler de santé tout court, non, je dis juste que ce n’est bon pour personne de s’énerver tout le temps. Non, je ne dis pas que vous êtes personne, je connaîs votre désir d’exister. Vous y arrivez bien d’ailleurs, vous êtes même super doué pour exister malgré votre néant.

Vous me rassurez en fait. Bush, Berlusconi, vous, n’importe quel heu…. - mettez ici le terme qui vous plaira -, mettons – truc - peut devenir Président. Finalement ce n’est pas vous qu’il faut traiter de machin chose, ce sont les électeurs qui ont choisi en ânes et inconscience. Vous n’êtes qu’une victime de la démocratie. Oh non ne vous énervez pas encore, je sais que vous n’êtes victime de rien puisque c’est vous qui décidez de tout. Omnipotent Président. Non, omnipotent, ce n’est pas gros mot. C’est comme moralité, humanisme, humilité, ce sont des mots anciens, certes très peu usités dans vos discours, pardon dans les discours de Guénot, mais ces mots ne sont pas gros. Ces petits mots pourraient même vous grandir si vous les faisiez vôtre.

Bon, tout ça pour dire que je ne sais plus pourquoi je vous écris ; Ah oui, c’est parce que j’ai entendu Carla dire que « le petit Nicolas est un navet », vous devriez porter plainte !

Kenavo La p’tite Blan

Lettre à Brice

(Version audio : L'Hortefeux, ça brûle !)

Cher Brice,

Tu as déclaré que « La Marseillaise est trop souvent entendue comme une mélodie mais pas comme une pédagogie ». Côté mélodie, je préfère encore écouter la Marseillaise que les fausses notes de tes discours. Côté pédagogie, méfie-toi, tu parles là de l’éducation de la jeunesse, de l’instruction des petits français, hors c’est justement ce système pédagogique que le gouvernement essaie de briser. Alors faudrait choisir : pédagogie ou démagogie ?

Tu es fort Brice. Tu voudrais faire apprendre les valeurs de la Marseillaise aux nouveaux migrants arrivant en France. Mais pourquoi ne pas, d’abord, les apprendre aux bons français venus de nul part ? Moi j’en rêve que le français moyen comprenne la portée de cette musique. « Aux armes citoyens », allez, hop, qu’est-ce qu’on attend pour la révolution ! Formons des bataillons, votons, votons, que les incultes perdent les élections. Je me permets cette version un peu actualisée, c’est pour vous protéger, j’ai horreur du sang qui coule, même si cela doit être le vôtre.

Tu es trop fort Brice ! Tu as même dit « Je saisirai le Haut Conseil pour l'intégration pour proposer une réflexion sur ce que doivent être les valeurs partagées de la République". Ah ah ah, elle est bien bonne celle là ! Tu es courageux ou complètement inconscient ? Si le peuple se met à réapprendre les valeurs républicaines, c’est le monarque et ses conseillers qui vont trinquer. Le peuple pourrait rétablir la guillotine ! Tu as demandé à Nicolas avant de mettre vos vies en danger ? Et puis, c’est bien mignon de conseiller une « réflexion », mais fais attention, si tu demandes aux gens d’exercer leur capacité à réfléchir, ils pourraient vous demander de faire de même à toi et à tes petits copains droits dans leur droite et aux autres, gauches dans leur gauche. Vous seriez bien emmerdés qu’on vous demande de réfléchir avant de parler. Ah là on l’entendrait moins le Nico si on lui demandait de s’y connaître sur un sujet au lieu de nous sortir sa mélodie en dodo majeur.

Imaginer qu’on valorise l’histoire et les valeurs républicaines ! Ah ah ah, il n’y a que toi pour sortir une blague aussi énorme que les talonnettes présidentielles. Allez, avoue ! Tu voulais juste jouer sur la corde patriotique, nationaliste, limite raciste quoi. Ben oui, tu voulais rappeler à l’électorat de base qui élit des gouvernements basiques, qu’il ne faut pas oublier d’avoir peur de l’étranger et de la différence.

T’es un marrant toi ! T’as même demandé « la scolarisation pour les parents immigrés ». Ah ah ah, j’imagine la tête de ton gouvernement quand les immigrés parleront mieux que vous. Vu le niveau linguistique médiocre du gouvernement, à mon humble avis 2 ou 3 cours de français devraient suffire. N’oublie pas que Nico n’est pas une lumière, ça doit être pour ça qu’il a autant besoin de se regarder briller ; il connaît quelques mots certes, mais il les utilise vraiment n’importe comment et puis il a de gros problèmes avec les synonymes (immigré = racaille, karcher = système politique, tout sécuritaire = solution économique, etc.).

Attention Brice, à force de jouer avec l’Hortefeux, on se brûle !

Cordialement,

La p'tite Blan

Lettre à Rachida

Chère Rachida,

De femme à femme, je peux te le dire, je compatis.

Moi aussi, j’ai passé des surlendemains de soirées un peu trop arrosées à espérer que j’aurais mes règles et à regretter d’avoir oublié le préservatif. Cela dit, quand je suis tombée enceinte moi, ce n’était pas grâce au budget de l’Etat. 70 000 euros dépensés en alcool, tu aurais du t’attendre à ne plus être totalement maîtresse de ton corps, mais plutôt maîtresse d’un autre. Maîtriser ses pulsions, tu vois, c ‘est aussi dur que de maitriser son budget. Qu’est-ce qui a dérapé en premier ? Toi ou ton budget ? C’est compliqué de choisir entre la poule et son œuf, surtout quand c’est la poule aux œufs d’or qui couve.

Je comprends que tu aies hâte que les journalistes te disent qui est le père de ton enfant. Ça doit être vraiment embêtant de ne pas savoir, surtout quand les journalistes, eux, sont au courant. C’est un coup à la Mazarine ça. Sauf que là, Nicolas a interdit de balancer l’info, non pas pour protéger la vie privée d’un embryon – ce qui tout de même pose la question de la reconnaissance du fœtus comme personne -, non, simplement il préfère garder le scoop pour le cœur de la récession, quand sa côte d’impopularité sera à son pic et qu’il faudra bien alors une diversion comme celle-là pour nous faire oublier que l’inflation a augmenté autant que le budget de ton Ministère.

Moi aussi, ça m’aurait énervé que Bernard en profite pour essayer de faire de l’humour. Ça aurait expliqué beaucoup de choses s’il avait été le père. On aurait compris que tu n’oses pas en parler. C’est dommage pour lui en tout cas, il aurait enfin pu se vanter d’avoir transformé un essai dans sa carrière.

Mais j’y pense, si ça se trouve, toi, tu le connais le père ? Tu serais une petite cachottière alors ? Déformation professionnelle ? Cacher la vérité, même si dans le fond celle-là n’est pas mauvaise à dire ? C’est ça hein ?

Moi, je crois que tu n’as surtout pas envie qu’on sache que le donneur est un homosexuel qui a un désir de paternité. C’est dommage que tu taises cela. Mis à part le fait que l’on soit toutes les deux des femmes, nous n’avons aucun point commun. Mais si tu t’avérais plus ouverte que tu ne le parais face aux changements des schémas familiaux, alors là je te regarderais différemment, non plus avec une indifférence teintée d’irritation, mais avec une certaine admiration face à un choix courageux que tu aurais fait alors même que ta famille, politique s’entend, a l’esprit étroit dès qu’il s’agit d’amour.

Alors sois sympa, pour Noël, dis-le que tu te lances dans la famille homoparentale ! Ou que tu t’es faite inséminée discrètement en Belgique… ça fera du bien après une année 2008 riche en homophobie politique d’avoir enfin un beau cadeau de noël !

Joyeux Noël à toi Rachida, quel que soit le père, on attend avec impatience ton congé maternité ! Et si possible dans la foulée tu nous en fais en deuxième et un troisième histoire de ne pas revenir avant longtemps parce que de toute façon on préfèrera toujours que t’accouches d’un gamin plutôt que d’une nouvelle loi.

Cordialement, La p'tite Blan