Au p'tit Nicolas...
Sarko-masochisme
Monsieur le Président de la Répudique.
Je ne connais pas personnellement Jean-Paul Cluzel, le président des Radios francophones publiques. Pour moi, il est surtout PDG de Radio France et très bel homme. C’est vrai qu’il me plaît bien : Discret, élégant, responsable. Un peu tout le contraire de vous.
Oh bien sûr, il n’est pas parfait, mais que celui qui n’a jamais fauté lui jette la première pierre ! Et justement, en bon pharisien que vous êtes, vous la lui auriez jeté, la première pierre, vous qui n’avez jamais pêché bien évidemment.
Alors je vous le demande : Est-ce que poser c’est pêcher ? Cluzel a en effet posé - anonymement et masqué, dans un calendrier au profit d’Act Up. Mais si c’est ça pêcher, alors la pêche sera bonne parce qu’on est beaucoup à vouloir aider les personnes atteintes du SIDA.
Selon le Canard Enchainé, vous auriez déclaré à propos de la participation de Cluzel à ce calendrier : « Ce n'est pas digne d'un patron de service public ». Si on suit votre raisonnement : Parce qu’on est un patron de service public on ne doit pas donner de sa personne pour aider ses concitoyens ? Qu’est-ce qui n’est pas digne là-dedans ? D’aider ? De militer ? De se battre pour défendre ses idées et ses idéaux ? Non, ce qui n’est pas digne c’est, par exemple, de ne pas avoir d’idéaux quand on est président ou d’injurier un homme en le traitant de con. Quel est votre mérite à vous ? De nommer vos amis à des postes importants dans les services publics pour étendre votre contrôle ? C’est digne ça ? Soyons sérieux, ne vous abandonnez pas sur des terrains linguistiques et moralistes dans lesquels vous êtes complètement perdu.
Vous auriez ajouté : « Ce type est fou ». Vous nous avez largement démontré lors de vos discours sécuritaires en réponse à des problèmes de psychiatrie, que vous ignoriez totalement la définition du mot fou. Alors voici : Est fou, celui qui a « des troubles du comportement ou de l'esprit dénotant une altération des facultés mentales». Je ne décèle nul part dans les agissements de Cluzel ce genre de pathologie, par contre certains de vos faits et gestes dénotent eux une altération possible de vos facultés de jugement.
Vous auriez enchaîné avec : « Il se croit tout permis ». Et alors ? C’est interdit de jouir de sa liberté ? Vous faites tout pour, mais heureusement pour nous, vous n’avez pas encore réussi à nous priver totalement de nos libertés.
Ensuite, dans un sursaut de lucidité vous auriez admis : « Sa vie privée, c'est sa vie privée ». Soit. Alors laissez-le tranquille ! On ne vous a rien demandé. Par contre, si vous pouviez garder la vôtre de vie privée pour vous, ce serait bien.
Vous auriez continué de déraper avec : « Il en fait ce qu'il veut, mais il n'a pas à s'afficher comme ça ». Faudrait savoir ! S’il en fait ce qu’il veut, il fait ce qu’il veut. Et puis qu’est-ce qui vous gène tant dans cette photo ? Qu’il soit plus beau que vous ? Plus grand que vous ? Plus musclé ? Plus ouvert ? C’est ça qui vous chagrine ? Ce qui vous embête c’est qu’il en a lui…. De la classe ! Et ça, vous aurez beau essayer, toutes les rolex du monde n’y feront rien, ça ne s’achète pas. Disons que la classe c’est comme l’homosexualité, c’est inné ou ce n’est pas. On en a ou pas. On en est ou pas !
Vous auriez fini votre petit règlement de comptes par : « C'est du n'importe quoi. Cluzel n'en fait qu'à sa tête et il se laisse manipuler par la gauche et les syndicats.» Et le n’importe quoi, ça vous connaît ! Je comprends que cela vous énerve de penser que certains sont manipulés par d’autres que vous… Mais redescendez un peu. Vous êtes déjà bien bas, sur terre comme dans les sondages, mais redescendez encore. Il est temps de réaliser que certaines personnes ont une réflexion en propre, un libre arbitre. Et chez ces gens-là Monsieur, on n’est pas manipulé, non, on un temps de cerveau disponible pour autre chose que pour vous regarder à la télévision. Ça vous surprends qu’on puisse réfléchir, aimer lire, même la Princesse de Clèves ? Mais c’est comme ça. Et vos états d’âme n’intéressent décidemment que vous.
Alors, ne renouvellez pas le mandat de Cluzel à son échéance en mai si cela vous chante et puisque vous en avez le pouvoir, mais épargnez-nous vos raisons. Laissez-nous essayer de croire que vous valez peut-être mieux que ça.
Bien à vous,
Une concitoyenne pas trop con mais très citoyenne
LA RUPTURE
version à écouter ici : La rupture
version à lire ci-dessous :
Cher Nicolas,
Au début j’avoue, j’étais sceptique. Quand t’as sorti ton concept de “rupture”, je me suis dit encore un coup marketing pour se faire élire, encore une fausse promesse.
Je voyais des gens voter pour toi, voter pour elle, “la rupture”. Le nom leur plaisait, ils se sont dit : “Avec lui il va y avoir du changement”. Moi, je n’y croyais pas.
Et puis t’as été élu. Et je dois faire mon mea culpa : J’ai eu tort. Je ne t’accuserai plus jamais de ne pas tenir tes promesses. Tu l’as dit, tu l’as fait, chapeau bas Nicolas !
C’est vrai, la rupture, c’est l’action de rompre, de séparer brutalement des personnes unies par des liens étroits. Toi tu as rompu plusieurs fois. Tu as même accepté que des femmes rompent avec toi, c’était osé. Tu es passé maître en désunion, même la division de la gauche c’était grâce à toi. Pour déchirer les familles et l’opposition, on peut compter sur toi.
La rupture, c’est aussi la fracture d'une chose solide en plusieurs parties sous l'effet de contraintes intenses. Ça aussi tu l’as fait : Fracture sociale réussi. Et si vite, c’est incroyable !
La rupture, c’est la destruction d'un organe. Par exemple, la destruction de l’organe de presse. Tu t’y es pris comme un chef pour abattre la liberté de la presse, comme pour une rupture d'anévrisme. Et comme souvent quand un organe est atteint, le patient meurt. Tu n’y es pas encore totalement parvenu, quelques cellules journalistiques survivent ici et là, mais je ne m’inquiète pas, la presse est déjà dans un profond comas, tes efforts paieront.
La rupture c’est la destruction grâce à la pression d'une force supérieure à la résistance qui lui est opposée. Là t’es champion, il n’y a vraiment que toi pour envoyer un millier de CRS pour s’opposer à quelques manifestants qui avaient le culot de mettre en doute le bien fondé de tes décisions.
La rupture, c’est la coupure brutale entre deux états de fait, l'un passé, l'autre actuel. Par exemple, avant ce n’était pas génial, aujourd’hui c’est pire. Contrat rempli. Avant les voyous au pouvoir avaient un code d’honneur, ils sabotaient à l’ancienne, aujourd’hui il n’y a plus de règle, tu transgresses les lois, tu casses la justice, tu fractionnes les pôles de contestation, tu ne respectes même plus la fonction grâce à laquelle tu peux autant t’amuser.
La rupture, c’est aussi l’interruption qui affecte brutalement la permanence d'un phénomène. On ne peut pas le nier, tu en as imposé des ruptures de rythme ! Par exemple quand on attend que tu réagisses tu te tais, mais quand on voudrait que tu te taises, tu te mets à parler de tout et n’importe quoi. Tu romps aussi bien tes promesses que tes amitiés. Tu annules aussi bien tes propos que tes actions.
Tu facilites la rupture du contrat de travail, tu sépares, tu brises au lieu d’unir. C’est comme une rupture de séquence en informatique, c’est l’arrêt d’un programme, tu es le bug qui fait tout péter, qui interrompt le bon déroulement de la vie.
Tu as gagné Nicolas, on est en plein dans ta rupture, je dirai même plus, on est en rupture. Oui, c’est cela, on est en rupture de stock et de stock-options, en situation de manque. Tu es le point de rupture que tu avais promis, à toi tout seul tu symbolises la tension extrême, l’état de crise, le non respect des lois, la dissolution de la pensée, la dispersion des idées, la cessation de paiement, l’abandon du Service Public, la dégradation du pouvoir d’achat, la discontinuité dans le bon fonctionnement de l’Etat de droits. Tu es la brèche dans laquelle s’engouffre notre médiocrité.
Ce qu’il y a de bien avec la rupture, c’est que c’est tout autant l’action de rompre que l’action de se rompre; Là encore je te fais confiance, à force de nous forcer à rompre, c’est peut-être avec toi que l’on consommera la rupture.
La p’tite Blan
Publié le dimanche 1 février 2009 par Galou & Blan